2008 : Remilitarisation

La remilitarisation du monde et dangerosité

Institut des Hautes Études de Défense Nationale  

 « Remilitarisation et dangerosité du monde »

Cycle 2007/2008

(IHEDN, AR7-9juin 2008)

RAPPORTEUR RÉGIONAL 

Yves NAUDIN  5 Allée des Chèvrefeuilles 28000 CHARTRES
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CHER (18)

Georges DEDIEU    39 rue Saint-Exupéry   18 520  AVORD
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Christian Jacques MALATIA  2 Avenue de l’Ambulance 36000 CHATEAUROUX
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INDRE et LOIRE (37)

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LOIR et CHER (41)

Edmond-Louis Simoneau    77 rue Nationale   41 700  CHEMERY
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LOIRET (45)

Jean Marc FRANCAZ  23 rue Henri Dunant 45000 ORLEANS
Tél. 02 38 81 07 71Messagerie : jmfrancaz@gmail.com


SOMMAIRE

Introduction                                                                                                    

Ière PARTIE :    mesures du phénomène

1.1.      Le processus de remilitarisation

1.1.1.    Les aspects historiques

  1. Les acteurs

1.2.      Les caractéristiques de la dangerosité.

1.2.1.  Les dangers permanents

1.2.1.1.  Les dangers issus des phénomènes démographiques.
                1.2.1.1.1. La dangerosité liée au stock démographique.
                1.2.1.1.2. La dangerosité des flux démographiques.
1.2.1.2. Les dangers provenant des ressources naturelles.
1.2.1.3.  Les dangers résultant des mécanismes idéologiques
1.2.1.4. Les dangers liés au maintien de la liberté du trafic maritime et aérien

1.2.2.  Les aspects nouveaux de la dangerosité

1.2.2.1. L’évolution du nucléaire.

  1. Les causes politiques
  2. Les effets de la mondialisation

1.2.2.2. L’économie et les voies de communications, les crises financières
1.2.2.3.  La militarisation privée
1.2.2.4.  Les nouvelles armes
1.2.2.5.  La militarisation en dehors de l’État

1.3.      Les relations internationales découlant du binôme « remilitarisation/dangerosité »

1.3.1.      La recréation des pôles
1.3.2.      Les relations intra et extra polaires USA-Europe

IIème PARTIE : Les réponses face à la dangerosité du monde

2.1. Les solutions d’ordre militaire

2.1.1.     La recherche & développement de la France : un état des lieux préoccupant

2.1.2.     L’Europe de la défense et la PESD

2.1.2.1.  Une réponse d’abord politique
2.1.2.2.  L’industrie de l’armement européenne

2.1.3.      Les coalitions interpoles, capacités pour neutraliser un conflit

2.1.3.1.   Les pôles, état des lieux
2.1.3.2.   La recherche de solidarités – complémentarités « tous azimuts », c’est à dire à la fois civile et militaire

2.2.      Les réponses économiques

2.2.1.      Le co-développement

2.2.2.      La politique d’immigration

2.2.3.      Une permanence de la croissance et de développement durable :

2.2.4.      La sauvegarde des ressources

  1. vers une mondialisation plus juste

2.3.      Les réponses culturelles, éducatives et politiques

2.3.1.      Mieux inculquer une plus grande culture politique de l’esprit de défenseen France comme en Europe

2.3.2.  Face à une dangerosité qui évolue et à une géostratégie qui manque de lisibilité, n’est-il pas nécessaire d’envahir la sphère virtuelle de l’information pour y faire de la défense ?

  1. l’intelligence économique, un exemple de culture de la stratégie
  2. une convention sur la Cybercriminalité

Conclusion

ANNEXES BIBLIOGRAGHIE


Introduction

La remilitarisation du monde est une notion subjective qui entre dans un phénomène cyclique. Sa dangerosité découle du climat planétaire. A la guerre succède la paix, et hélas à la paix succède la guerre. Ainsi va le monde depuis des millénaires. Si la plupart des pays aspirent à la paix, il en est d’autres qui ne sont pas en phase et qui n’ont pas les mêmes objectifs. On vit dans un monde multipolaire asymétrique.

Les caractéristiques de la dangerosité sont diverses et évoluent au cours des temps. Le caractère économique est de plus en plus important.

La solution militaire n’étant plus la seule à être employée, elle laisse la place à des solutions économiques, culturelles, éducatives et politiques.

Mais pour arriver à gérer cette dangerosité, il faut en connaître son ampleur et ses causes.

C’est la situation précédente qui a généré cette militarisation. Il faut comprendre ce qui s’est passé et pourquoi on en est arrivé à la situation actuelle.

La contrainte n’étant pas toujours la meilleure des solutions, l’évolution vers une compréhension et un consensus semble être un moyen positif d’amélioration du phénomène que l’on observe.

Ière PARTIE : mesures du phénomène

1.1. Le processus de remilitarisation

1.1.1.   Les aspects historiques

Après la première guerre mondiale se constitue péniblement, sans les Etats-Unis, la Société des Nations (SDN) le10/01/1920. La crise de 1929, traduisant l’avènement d’une Allemagne en cours de remilitarisation, la crise de Mandchourie montrant l’avènement d’un Japon nationaliste et militariste, furent les premiers coups portés à la SDN. Se révélait ainsi la faiblesse des traités écrits, des conventions internationales, des promesses de paix lorsqu’ils ne sont pas soutenus par la force des armes !

Puis à la fin de la seconde guerre mondiale, se met en place, lors de la fin de la conférence de San Francisco, le 26/06/1945, l’Organisation des Nations Unies (ONU). Elle remplace la SDN, son précurseur, et c’est sans doute le tournant d’une prise de conscience. Par la charte des Nations Unies, la guerre devient hors la loi au plan du droit international ! (voir en ANNEXE 1, un extrait de la charte et composition actuelle du conseil de sécurité).

L’ONU impose aux États « à régler leurs différends internationaux par des voies pacifiques », sans « recourir à la menace ou à l’emploi de la force ». Ils donnent à l’Organisation leur assistance la plus loyale chaque fois que l’Organisation a besoin d’eux. Sûre de sa puissance, elle est en mesure d’obliger les États non membres à agir selon ses propres principes ! Certains contournent ce qu’ils ressentent comme des limitations de souveraineté et prennent des garanties.

Ils ne peuvent plus, ce que la philosophie politique précédente leur avait appris, considérer que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens (De la Guerre-1832- Carl von Clausewitz). Les temps ont changé, mais cependant c’est sur cette doctrine que se fondait la prééminence du politique sur le militaire.

Et pourtant les membres permanents du Conseil de Sécurité sont tous des puissances militaires nucléaires internationalement reconnues comme telles, et interdisent à d’autres l’accès à cette arme, tout en l’admettant, de facto, pour certains, et en agitant des actions de blocage préventives pour d’autres.

Sur le plan que l’on nomme encore, a contrario, conventionnel, les petits états fraudent avec les prescriptions internationales en utilisant des subterfuges comme entre autres le mercenariat ou encore la répression de pseudo rébellion.

Ces petits états récupèrent la bienveillante neutralité quand ce n’est l’appui par le jeu du clientélisme des grandes puissances en s’abritant derrière la protection des intérêts économiques de celles-ci offerte par les grandes sociétés pétrolières, minières, ou agroalimentaires…

  1. Les acteurs

La Chine et le Japon se sont lancés depuis peu dans une militarisation effrénée. Le Japon a un des plus gros budgets de défense alors que la guerre lui est interdite par sa constitution. S’il s’agit bien d’une transposition en droit interne d’une norme internationale, il n’est pas sûr que l’histoire puisse y voir une manifestation de souveraineté.

La Russie revoit sa copie. Les États-Unis ne rêvent que d’expansion et n’hésitent pas à se lancer dans des « crusades » des croisades au pur sens moyenâgeux.

Les petits états se remilitarisent bien souvent sous l’aile bienveillante des grands. Le Kazakhstan est le pays qui abrite le plus grand nombre de bases militaires américaines (voir ANNEXE 2). Les armées locales sont formées par des « conseillers » que certains appelaient jadis des mercenaires. C’est le cas dans un très grand nombre de pays sous influence pro occidentale. Le mercenariat, en France est délictuel, y compris à l’encontre des nationaux et bien évidemment exercé à l’étranger.

Ces mercenaires sont formés principalement par les états pour lesquels la réussite se mesure à l’aune de l’activité économique.

Le crime organisé qui infiltre les états faibles, et même en prend le contrôle, ainsi que les états voyous, qui ne sont pas que des états faibles, font leur loi en parallèle avec les idéologies qu’elles soient politiques ou religieuses, voire mafieuses.

Aucun continent ne peut prétendre à la sérénité en raison des confrontations économiques, sociologiques ou idéologiques.

Même l’Europe est aux prises avec l’imbroglio kosovar dont les racines sont historiques, ethniques et religieuses, mais dont la réalité s’enracine et se manifeste dans le crime organisé importé de l’État voisin qu’est l’Albanie. Europe et Amérique, ne sachant plus comment s’en retirer, acceptent l’inacceptable.

L’Amérique Centrale ou du Sud continue sur son processus latin avec une touche d’idéologie obsolescente. Les successeurs du « Che » en Colombie continue à semer la terreur ; les FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie) revendiquent un territoire qui apparaît moins comme historique que comme base arrière ou zone franche à l’intérieur de l’état d’accueil. « Le sentier lumineux » prône la violence et la réaction anti-impérialiste américaine pousse nombre d’états à choisir une voie dissidente qui peut trouver son fondement dans un certain nationalisme économique.

L’Afrique se plonge dans des conflits multiples, plus idéologiques qu’ethniques et le monde occidental feint de découvrir les crimes du Rwanda ou du Darfour après ceux du Biafra. Le terme Darfour est récent, avant on parlait du Sudd avec deux d. Après trente ans de combats génocidaires, les occidentaux prennent conscience du problème.

L’Asie demeure le continent le plus préoccupant. L’Asie du Sud-Est constitue un théâtre d’affrontements interreligieux récurrents. La Birmanie et le nord de la Thaïlande sont des zones très militarisées par le crime organisé.

Quant aux zones chinoise, japonaise et coréenne, là aussi la militarisation est à son point culminant.
Chine et Japon se sont lancés dans une course effrénée pour conserver un équilibre de la dissuasion.
Autre source de préoccupations : le Moyen Orient, dans laquelle la situation politique conduit à une course à l’armement.

Le pétrole aiguise tous les appétits et donne prétexte à occuper l’Iraq.

Chaque continent a en plus de ses problèmes de surarmement et de conflits, des problèmes de dangerosité dus à un développement économique inégal au sein de chaque cercle et la France a aussi son lot de dangerosité à un niveau certes modeste mais significatif. On parle de zones de non droit, des populations veulent y faire régner leur loi en bafouant la République. Le phénomène, quoique marginal devient préoccupant. L’armement est faible mais existant. Son origine souvent établie, conduit aux zones déstabilisées de proximité. Diplomatie et défense croisent alors délinquance et banditisme.

1.2. Les caractéristiques de la dangerosité.

« Dangerosité » vient du mot danger dont l’étymologie se rattache au latin « dominarium » « pouvoir, être à la merci ». Le danger est une situation dans laquelle on a à redouter un inconvénient ou un mal quelconque (Larousse 2000).

La dangerosité, néologisme relativement abscond, évoque la situation de danger, qui est lui-même une situation, il s’agirait donc d’une évaluation des dangers du monde actuel.

Ainsi dans cette évaluation des dangers du monde actuel, il nous faut distinguer entre ceux qui présentent un caractère de permanence et ceux qui sont apparus ou se sont profondément modifiés depuis la fin de l’empire soviétique.

1.2.1. Les dangers permanents

Les dangers permanents ayant conduit à une remilitarisation du monde se classent en quatre catégories : ceux issus des phénomènes démographiques, ceux issus des ressources naturelles, ceux issus des mécanismes idéologiques et ceux issus du commerce.

1.2.1.1.  Les dangers issus des phénomènes démographiques.

L’on peut distinguer deux facettes : le stock et les flux de population

  1. La dangerosité liée au stock démographique.

Ces dangers sont bien connus. Gaston Bouthoul dans son « Que sais-je ? » de 1953, consacré à « la guerre », décrivait déjà comme cause de conflit, le déséquilibre démographique entre deux ensembles. Cette thèse déjà évoquée dans le passé par de nombreux auteurs, est renforcée dans cet ouvrage, par l’idée selon laquelle les « anciens » d’un ensemble peuvent vouloir réguler la pression démographique de la jeunesse en choisissant la guerre pour détourner le trop plein de vitalité et d’énergie de la population. Plus récemment René GIRARD, dans son ouvrage « de la violence à la divinité », reprend sous un angle différent une explication de ce type.

Ainsi, que ce soit pour des raisons externes relatives à la perception de menaces, ou pour des raisons internes de régulations, dans les deux cas on assistera à un processus de remilitarisation.

La seconde remarque, concerne l’espèce humaine. La révolution démographique qui a surgi à partir de la fin du XIXème siècle dans les nations européennes, et depuis les années 70 dans le reste du monde a été traditionnellement attribuée à la croissance et au niveau de vie

Il se crée donc face à l’Est et au Sud le nouveau « limes »[1]appelé espace Schengen, où par des  systèmes sophistiqués de surveillance et d’interception les États européens essaient de défendre leurs frontières. Le système choisi semble avoir la même efficacité que l’antique « limes », il contient sans plus. La situation est identique pour les États du Nord de l’Amérique.

1.2.1.1.2.  La dangerosité des flux démographiques.

Cela nous amène à analyser les phénomènes de flux. Ces phénomènes de flux externes constituent pour l’ensemble des pays développés la menace la plus immédiate. Il existe un processus migratoire continu entre les zones pauvres du monde, Afrique, Amérique centrale, vers les zones riches Europe, Amérique du Nord, Japon, Singapour, Australie. La cause n’est pas unique, il existe certes, des mécanismes de poussée (organisations plus ou moins maffieuses agissant comme prestataires de service d’immigration, contre paiement, organisations informelles regroupant des candidats au voyage, issus d’une même région,…), mais il existe aussi des mécanismes de tirage (attraction) mis en place dans les pays d’accueil.

Ces flux migratoires peuvent conduire à une déstabilisation du pays ou de la zone. Il en a été ainsi de nombreuses zones dans l’histoire, telle la migration (politique) des russes en République Moldave voulue par Staline, le Kosovo, Kalinine (dirigeant soviétique) etc.

Ces mouvements peuvent conduire à une remilitarisation, orientée sur la sécurité pour les flux migratoires, les moyens de police classique étant insuffisants et inadaptés pour faire face aux flux, comme c’est le cas pour la marine espagnole ou italienne.

1.2.1.2.  Les dangers provenant des ressources naturelles.

Là encore, nous avons une permanence de la dangerosité.

Le recours à des moyens militaires pour protéger ou acquérir des ressources naturelles est aussi ancien que la guerre. Trois catégories de ressources naturelles peuvent être distinguées : l’énergie, l’eau, les produits agricoles et de la pêche.

Il n’y a pas une hiérarchisation des risques de remilitarisation selon la ressource naturelle, tout dépend du contexte local ou zonal, dans certains pays ce sera l’eau (à titre d’exemple les sources de l’Indus au Cachemire), dans d’autres les ressources agricoles et dans d’autres comme l’Europe, l’énergie. Une loi semble émerger de cet ensemble, la dangerosité vient toujours de celui qui est situé en amont, et de la nature des relations qu’il souhaite entretenir avec les pays situés en aval. La pêche présente un cas particulier, avec le fait que l’essentiel de la ressource se trouve en zone internationale. On assiste au développement de forces militaires pour contrôler ces ressources naturelles, voire directement à des conflits armés.

Le contrôle des réseaux permettant la diffusion de ces ressources suit la même règle. Ainsi on constate le développement de forces militaires pour protéger les axes maritimes, les oléoducs, etc. L’implantation des bases militaires américaines illustre de manière évidente cette politique (voir ANNEXE 2).

1.2.1.3.  Les dangers résultant des mécanismes idéologiques

L’idéologie vient du grec « idein » qui signifie apparence, il s’agit donc du discours de l’apparence. Le mot apparaît en français en 1796, et dès 1800 est utilisé sous une forme péjorative. L’idéologie sacrifie le « réel » et surtout la personne humaine à sa représentation du monde. Pour l’idéologue, le réel est « sa » représentation sous une forme exclusive, et tous les moyens justifient la concrétisation de sa réalité, surtout si des éléments viennent le contredire.

En conséquence, les idéologies peuvent provoquer une remilitarisation « naturelle ».

La fin du XXème siècle a vu disparaître politiquement deux idéologies totalitaires qui avaient fortement contribué à la militarisation du monde. Mais, il existe toujours une dangerosité de l’idéologie en matière de remilitarisation. En effet l’islamisme a pris le relais des idéologies totalitaires du XXème siècle, en voulant imposer une vision du monde à des peuples ou des individus qui ne la partagent pas.

Si pour l’idéologie, l’effet sur la remilitarisation est évident, pour la religion, le mécanisme est loin d’être aussi évident. On constate des processus de militarisation dans des guerres à dominante religieuse, du type du conflit irlandais, et même si dans les deux pays les plus peuplés des conflits religieux peuvent exister (cas des Ouïghours pour la Chine, ou des attaques Hindouistes pour l’Inde) ces deux pays vivent globalement en paix en matière religieuse. De même dans de nombreux pays du monde, les religions cohabitent en paix, la situation se dégrade lorsque les idéologues s’en mêlent.

Pour l’éthique, son évolution dans les pays développés montre le passage d’une éthique personnelle liée à un cadre moral social, à une éthique individuelle liée à des normes. En matière de morale, ce n’est plus la responsabilité morale personnelle qui engage un acte, mais sa conformité à des normes dans le cadre d’une volonté individuelle. Les normes deviennent variables en fonction des intérêts momentanés d’une majorité, résultant d’alliances d’opportunités. Le cas du Kosovo illustre cette situation, il ne s’agit pas de respecter le droit international en vigueur, mais celui du droit international futur.

1.2.1.4.  Les dangers liés au maintien de la liberté du trafic maritime et aérien

Le maintien de la liberté du trafic maritime et aérien face à une menace de piraterie ou de terrorisme conduit à une remilitarisation, les moyens de police classique étant inadaptés pour répondre aux menaces. Ces actions constituent déjà une victoire pour les terroristes car ils limitent par les dispositifs mis en place, la liberté de trafic. L’implantation de bases navales et aériennes par les puissances occidentales, premier lieu les États-Unis et par la France récemment pour Abu-Dhabi, illustre cette évolution de la remilitarisation.

1.2.2.   Les aspects nouveaux de la dangerosité

Aux dangers permanents conduisant à une remilitarisation, de nouveaux dangers sont apparus qui conduisent aussi à une remilitarisation. Ces dangers concernent le nucléaire, l’économie et les voies d’échanges, la finance internationale, la militarisation privée, les systèmes des technologies de l’information et de la communication, la biologie. Par exemple, le terme de « cybercriminalité a été inventé à la fin des années 80. Il désigne l’ensemble des infractions pénales qui se commettent sur le réseau internet. Cela va de la fraude à la carte bleue à la pédophilie, de l’intrusion dans les systèmes informatiques, à leur destruction. Leur développement dans des aspects de la défense conduit à constater une remilitarisation dans des domaines nouveaux, qui échappaient jadis au domaine militaire.

1.2.2.1.  L’évolution du nucléaire.

1989 amis fin à l’équilibre nucléaire des deux blocs, où les puissances moyennes pouvaient être acceptées en nombre limité et sous la « responsabilité » d’un des deux blocs. On a assisté à une prolifération des armements nucléaires dans diverses parties du monde. Cette prolifération trouve sa source dans plusieurs origines :

1.2.2.1.1. Les causes politiques.

La volonté pour certains États de s’affirmer dans un jeu régional, voire international, comme l’Iran ou la Corée du Nord, la rivalité entre états sur des contentieux territoriaux ou idéologiques, comme l’Inde et le Pakistan, le développement de l’armement nucléaire par un pays de la zone conduisent à des modifications du jeu pour d’autres pays de la même zone. Ainsi, l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran risque de conduire l’Égypte ou l’Arabie Saoudite à ce type d’armement, en réaction à une menace (le conflit potentiel Chiites-Sunnites).

1.2.2.1.2.  Les effets de la mondialisation

Il n’est plus possible aujourd’hui d’empêcher un État de réaliser une arme nucléaire, comme vient de le montrer la reculade américaine vis-à-vis de l’Iran. De plus la fin de l’Union Soviétique a provoqué deux effets :

  1. tout d’abord la mise à disposition des États souhaitant posséder l’arme nucléaire, d’ingénieurs et de techniciens de grande valeur, soudain inemployés, voire des matières nucléaires ou des armes elles-mêmes ;
  2. ensuite la concurrence en matière de transfert de technologies entre États occidentaux pour pouvoir garantir leurs marchés à l’export.

Cette prolifération pourra concerner, à terme, d’autres zone géographiques que le Moyen-Orient, avec l’Amérique du Sud et l’Afrique.

1.2.2.2.  L’économie et les voies de communications, les crises financières

Le réchauffement climatique et l’évolution des stocks de matières premières ont des effets en matière de remilitarisation. Il s’agit ici de disposer de forces militaires capables de protéger les ressources naturelles rares, et les voies de communications nouvelles. A titre d’exemple, le renforcement des forces saoudiennes ou brésiliennes illustrent la volonté de préserver des espaces de ressources naturelles. La remilitarisation du Grand Nord avec l’ouverture de la route maritime du cercle polaire illustre la nécessité de vouloir contrôler une nouvelle route commerciale. Le développement militaire concerne, la Russie, le Canada, le Danemark et la Norvège.

Par ailleurs, la remilitarisation peut avoir pour origine la volonté de protéger les infrastructures d’échanges et en premier les infrastructures portuaires et aéroportuaires, avec le développement de systèmes de défense maritime comme la République de Singapour, ou de défense aérienne comme les Émirats.

Enfin, il ne faut pas oublier de mentionner ici la dangerosité financière ! On peut penser par exemple à la crise des « subprimes »[2]ou aux dangers de l’utilisation des leviers financiers pour bloquer la Bourse d’un pays entier, ou au fait que les États-Unis ne cessent de se servir de leur déficit comme instrument de puissance etc.

1.2.2.3.  La militarisation privée

Un autre mécanisme récent a vu le jour : l’emploi de forces militaires privées. Les états ont toujours recouru à des moyens privés dans leurs actions. Cela fut vrai de manière interne ou externe. Pour le cas de la France, on peut prendre comme exemple les mercenaires de type Bob DENARD. Toutefois la caractéristique de ces actions étaient leur fonction supplétive. Elles n’existaient qu’en raison d’une insuffisance ou d’une inadaptation des moyens classiques à l’action politique.

Ce qui caractérise aujourd’hui la militarisation privée, c’est qu’elle est permanente, universelle et substitutive à l’action des forces militaires régulières. Ainsi, il est possible de voir sur le site Internet « Daily Motion » des vidéos de civils combattant, en ligne aux côtés des forces régulières américaines, d’entraînement aux combats de haute intensité de civils auprès des forces israéliennes…Ces personnels appartiennent à des sociétés privées passant des contrats commerciaux avec des États. Les raisons de ce développement tiennent à plusieurs facteurs. On peut citer :

  1. le calcul économique. On paie pour la prestation uniquement, sans avoir les problèmes de recrutement, de la formation, de la solde, de la retraite et plus cyniquement des pensions invalidités et décès ;
  2. le déficit démographique des pays occidentaux. On ne prélève pas ainsi directement sur le « stock » ;
  3. l’aspect politique. Ce ne sont pas des citoyens qui meurent, ce qui est très acceptable dans un concept de guerre à zéro mort.

La tentation est grande pour les États occidentaux confrontés aux opérations extérieures de recourir à ce type de service pour les raisons que nous venons d’invoquer. Toutefois, tel l’empire romain, il montre avec le recrutement des mercenaires Francs ou Goths, l’incapacité d’un système politique à trouver au sein de sa population la force vitale nécessaire à sa défense, et ce fut un général Goth qui s’empara de Rome. L’histoire nous enseigne que la voie est dangereuse.

1.2.2.4.  Les nouvelles armes

Le développement des techniques de l‘information, de la biologie, ou de l’espace conduisent à une remilitarisation. Ces éléments qui étaient considérés comme civils sont devenus des armes.

Pour les techniques de l’information et de la communication, la remilitarisation se fait par la modification des fonctions de l’outil militaire. Hier, les transmetteurs avaient pour mission de maintenir les communications entre les différents niveaux. Aujourd’hui, à ces fonctions se sont rajoutées celles de recueil d’information, d’identification de l’ennemi, d’intrusion et de désinformation. De même, les services de communication, telle la DICOD [3]pour la France, doivent être en mesure de mener une guerre de l’information, que ce soit dans des domaines à la limite du civil comme pour le porte-avions Charles de Gaulle, ou purement militaire comme le Tchad. Enfin les services spécialisés ont vu leurs fonctions s’élargir à ces nouveaux domaines, incluant l’économie dans la guerre de l’information. Le contrôle des moyens de communications, leur sécurité, leur permanence sont devenus stratégiques pour les états. Sans moyens fiables d’informations et de communications un état aujourd’hui est impuissant. Car il doit aussi lutter contre la cybercriminalité.

La biologie constitue, elle aussi, aujourd’hui une arme, ce que d’aucuns peuvent appeler « bio terrorisme ». Le contrôle du génome humain, la maîtrise des cellules souches, la capacité à développer des molécules rapidement sont des armes décisives de nature stratégique. Les dépenses consacrées à ces domaines dans les pays occidentaux sont, pour une part importante, le moyen de maintenir dans un nouveau domaine une suprématie en cas de conflits.

1.2.2.5.  La militarisation en dehors de l’État

L’affaiblissement ou la non existence des États-nations ont amené la création de forces militaires qui ne relèvent pas d’un État. Il en est ainsi des bandes militaires que l’on rencontre dans des états déstructurés comme le Libéria ou la Guinée, voire de chefs qui s’érigent en commandant de forces militaires comme en Somalie.

Le développement de la criminalité internationale a eu aussi pour effet de militariser des bandes de malfaiteurs comme en Amérique Latine.

L’identification des dangers conduisant à une remilitarisation montre que si les dangers permanents sont relativement maîtrisés, la plus forte dangerosité vient des nouveaux modes. Il est peu probable que nous allions vers une fin de l’histoire, les nouvelles formes de dangerosité nous imposent de faire preuve d’imagination pour les réduire et les dominer.

1.3.  Les relations internationales découlant du binôme « remilitarisation/dangerosité »

1.3.1.   La recréation des pôles

Après la chute du mur de Berlin et une brève accalmie, les États-Unis ont vite « réarmé » après le 11 septembre 2001 débouchant sur l’invasion de l’Iraq sous des prétextes fallacieux.

Ils entraînent avec eux l’Otan dans l’aventure afghane et l’invasion de ce pays pour des raisons de pax americana et des raisons économiques.

Face à ces intrusions occidentales, le Japon et la Chine s’inquiètent.

Les autres grandes puissances Brésil Russie Inde et Chine élaborent un front naissant sous le nom de l’acronyme B.R.I.C. pour essayer d’opposer un semblant de contrepouvoir.

De son côté, le tiers monde essaie de se protéger en réarmant. Cette attitude se fait au détriment de la population et augmente ainsi le ressentiment vis-à-vis des occidentaux.

Se pose alors à nouveau le grand problème de l’axe Nord-Sud avec le fossé qui les sépare, avec l’Eldorado jamais suffisant du Nord et la misère jamais assez sordide du Sud.

Les pôles d’oppositions se créent entre nations mais bien pire entre peuples et populations.

Le monde n’a jamais pu vivre sans une multi-polarisation des forces. Lorsque l’opportunité s’en est présentée en 1989, les occidentaux en ont profité pour essayer de prendre sous leur coupe le monde entier, sous la forme de la mondialisation, car la remilitarisation s’accompagne d’un processus économique de domination.

1.3.2.   Les relations intra et extra polaires USA-Europe

La fin de la guerre froide a inévitablement modifié progressivement les relations entre les USA et leurs alliés européens.

Les querelles atlantiques liées aux tentatives européennes « d’Europe puissance » autour de « l’identité européenne de sécurité et de défense », le protocole de Kyoto, le refus de l’arbitrage de la Cour pénale internationale et les dissensions dans les Balkans, l’invasion de l’Irak sans aval de l’ONU marquent le passage à l’unilatéralisme qui est maintenant la réponse de l’Amérique seule.

Il est significatif que G. W. Bush dans ces nombreux discours parle peu de l’UE (sauf quand il lui rend visite). Ce sont « nos alliés », « nos partenaires » ou tel ou tel d’entre eux.

Sans parler des questions qui divisent les européens, la nouvelle posture stratégique des États-Unis s’énonce clairement : dissuasion nucléaire maintenue, sanctuarisation antimissile, lutte antiterroriste, capacité de projection des forces partout dans le monde pour préserver leurs intérêts et soutenir leur politique étrangère.

A ce point, se pose la question de savoir dans quelle mesure la situation mondiale ou régionale peut présenter une certaine dangerosité.

Et pourtant, l’équilibre global reste stable. Le spectre du conflit mondial a disparu. Équilibre de la sagesse ou équilibre de la terreur ? Plutôt équilibre de la conservation : je sais que je peux détruire l’autre qui peut me détruire aussi, donc je ne le fais pas. Seuls les incapables se battent, mais aucun n’est vainqueur.

IIème PARTIE :        les réponses face à la dangerosité du monde

2.1.   Les solutions d’ordre militaire

Elles sont certes indispensables, car dans un rapport de forces, la supériorité technologique procure l’avantage à chaque étape d’un affrontement : information, surveillance, rapidité et puissance d’action-réaction, protection des hommes, endurance.

Mais cette condition est insuffisante !« On ne prend pas un village de la même manière s’il s’agit d’ouvrir une ligne stratégique ou s’il s’agit de rétablir dès le lendemain des conditions normales » (Maréchal Lyautey). Il ne s’agit pas d’anéantir, de tout raser mais de pouvoir reconstruire en ayant gagné les cœurs des populations. Exercice difficile sur les nouveaux théâtres d’opérations où se développent les « défenses » asymétriques de toute nature : propagande TV, radio, presse, Internet, actes terroristes (la nuisance contre la puissance) !

Si la France (et l’Europe) disposent d’atouts pour remplir cette deuxième condition, elle est loin, avec ses propres moyens, de disposer de l’avantage technologique dans le domaine militaire.

2.1.1.   La recherche & développement de la France : un état des lieux préoccupant

L’évolution des moyens consacrés à la recherche & développement (R & D) sur deux périodes l’atteste.

  • Décrochage entre 1996 – 2002, baisse des dotations budgétaires de la Franceen R & D de 17 % creusant un différentiel de 60 % avec l’effort britannique ; dans la même période, l’effort américain atteint 40 milliards et s’accroît de 50 % entre 2001 et 2005 traduisant la volonté US de créer une rupture technologique avec le reste du monde, quantitativement et qualitativement : défense anti-missile, utilisation espace, furtivité, durcissement, mise en réseau des forces et de leurs composantes.
  • Malgré des efforts en LPM [4]2003 – 2008, le rattrapage se révèle insuffisant : il ne nous a pas permis de rejoindre le niveau de nos partenaires britanniques.

De plus, le décalage des livraisons de certains matériels (Rafale, Tigre…) ont restreint considérablement nos capacités budgétaires à développer des systèmes d’armes de nouvelle génération.

2.1.2.   L’Europe de la défense et la PESD

2.1.2.1.  Une réponse d’abord politique

La PESD est avant tout un outil intégré de gestion de crise, née du sommet franco-britannique de Saint-Malo du 4 décembre 1998. L'Union européenne s’est alors dotée en Juin 1999, au Conseil européen de Cologne, d'une « Politique européenne de sécurité et de défense » (PESD). Cette PESD est, en fait, l'instrument de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), instituée en 1992 par le titre V du traité de Maastricht.

Cela signifie que l'Union européenne dispose non seulement d'un instrument militaire pour éteindre les conflits mais aussi d'instruments civils, police, « état de droit », administration civile et protection civile qui permettent de rétablir une normalité propre à la consolidation rapide ou à la reconstruction du pays en crise. Cet ensemble permet d'une part des interventions militaires, civiles ou humanitaires telles qu'elles ont été définies à Petersberg en 1992 et reprises par l'article 17 alinéa 2 du traité de l'Union européenne consolidé; d'autre part, il permet des actions de prévention, qui visent à éteindre une crise avant qu'elle ne prenne une dimension internationale.

2.1.2.2.  L’industrie de l’armement européenne

C’est le second remède auquel on pense (mutualisation des coûts de R & D, meilleure efficacité industrielle). Mais l’addition de faibles ne fait pas un fort : les Européens consacrent à leur défense des ressources inférieures à la moitié du budget de défense américain. Par habitant, la dépense américaine est 3 fois plus importante ; le rapport Europe/USA en R & D est proche de 1 à 4.

Cependant, depuis 2001, un effort est engagé à travers un plan d’action européen sur les capacités, l’édification d’une industrie de défense mieux intégrée, plus compétitive et la coopération en matière de R & D. Il ne semble pas cependant que la stratégie de Lisbonne de 2005 fixant à 3 % du PIB l’effort R & D total, sera atteinte en 2010.

A ce challenge de concurrence transatlantique, s’ajoute la compétition sourde de nouveaux entrants, Chine, Inde, qui bénéficient d’une population nombreuse de chercheurs (d’autant plus productifs en raison de l’énorme avantage compétitif coût / temps de travail) et d’un essor économique soutenu (voir ANNEXE 3).

Au vu de ces chiffres, peut-on imaginer qu’une « grande stratégie » occidentale transatlantique, regroupant nos forces, pourrait être une voie pour garder le contrôle ?

2.1.3.   Les coalitions inter pôles, capacités pour neutraliser un conflit

2.1.3.1.  Les pôles, état des lieux

Les pôles classiques : USA et Canada, Europe, Russie, Chine, Brésil, Inde, chacun étant plus ou moins à la fois « état – nation – continent » doté d’une capacité d’influence en dehors de son aire, etrévélant l’un envers l’autre des liens d’interdépendance économique et financière acquis : Chine, atelier du monde, Russie, pourvoyeur d’énergie ; USA – Europe encore créateurs de technologie ; Inde, pourvoyeur de software informatique (conséquences de la globalisation – mondialisation).

Les autres pôles en recherche d’identité : l’Afrique, éclatée et ethniquement fragmentée, différente au nord, au centre, à l’est et au sud ; l’Asie du sud-est ; l’Asie centrale (ex républiques du bloc soviétique) et la Turquie ; l’Amérique du sud (hors Brésil) et centrale ; le Moyen Orient. Tous ces pays n’ont pas de capacité d’influence et peuvent être tentés d’opérer des rapprochements ou des clivages entre eux selon leurs caractéristiques dominantes : riches/pauvres ; religieux, communautaires, autoritaires/démocrates, raisonnables, liberté individuelle.

Il y a enfin des isolats, tels que l’Australie (occidentalisée avec regard tourné sur le Pacifique), le Japon (occidentalisé mais asiatique). 

2.1.3.2.  La recherche de solidarités – complémentarités « tous azimuts », c’est à dire à la fois civile et militaire

La création de nouvelles organisations, depuis le milieu du 20ème siècle, bouleverse la représentation des pôles d’influence classique.

Tantôt, elle dépasse leur aire géographique respective. Ex : O S C E[5](Amérique du nord + Russie + Europe) ; O T A N (Europe + non européens) ; O C S[6](Chine – Russie) ; A S E A N (Chine et ses voisins) ; M E RC O S U R (Brésil et ses voisins) etc.…

Tantôt, elle regroupe un petit nombre d’acteurs à l’intérieur d’une zone géographique et culturelle commune. Ex : communauté des Caraïbes en Amérique latine, communauté andine des nations…

Il est typique de noter que l’UE entretient plus de 30 types de rapports (partenariats, accords commerciaux, préférentiels).

Ces « glissements d’alliances » attestent d’une « tectonique des pôles » qui semble s’accélérer depuis une décennie au détriment des intérêts de la France et de l’Europe.

Quelle nouvelle organisation de pôles pourrait enrayer ces glissements ?

Le premier constat qui s’impose est que l’action du pôle Europe, pour original qu’il soit, apparaît dans l’immédiat inefficient.

La pratique du soft power mêlant aide financière, aide technique dans la gouvernance des zones fragiles sans forme de conditionnalité, apparaît à première vue confortable. Elle maintient dans certaines zones proches de nos frontières des formes et des modes de gouvernement qui ne correspondent pas à nos valeurs (on pourrait faire le même constat de certains soutiens américains, chinois – mais dans ce dernier cas la contradiction éthique ne se pose pas).

  • La nouvelle Structure de commandement de l'OTAN

Elle constitue peut-être la plus importante évolution de l'organisation militaire de l'Alliance depuis sa création. L'existence d'une structure complète de commandement et de contrôle militaire continue à différencier l'OTAN de toutes les autres organisations militaires multinationales.

La plus importante initiative opérationnelle est peut-être la création de la Force de réaction de l'OTAN (NRF, « NATO réaction force »). Pouvant atteindre la taille d'une brigade pour ce qui concerne son élément terrestre, dotée de composants aérien et naval complémentaires, la NRF est mise sur pied pour conférer à l'Alliance une capacité sans précédent de réponse aux crises. Commandée par un Quartier général de force d'intervention conjointe déployable, la NRF permettra à l'Alliance d'apporter une réponse militaire rapide et donc peut-être de désamorcer une crise en développement à ses premiers stades.

En tant que seule organisation multinationale capable d'entreprendre l'éventail complet des opérations militaires, elle a un rôle unique à jouer pour assurer la sécurité, un rôle dont l'importance ne fera sans doute que croître encore à l'avenir. Ce rôle bénéficie non seulement aux pays membres de l'Alliance et à ses partenaires, mais également à la communauté internationale au sens large, en fournissant les moyens nécessaires pour que des forces de nombreux pays puissent opérer conjointement avec efficacité.
 

2.2.   Les réponses économiques

« Tout commerce est une guerre » affirmait dès 1915 Samuel Hertzog, ingénieur conseil allemand, dans son ouvrage prémonitoire, Le plan de Guerre commerciale de l’Allemagne.

Les réponses à mettre en place pour faire face à l’interpénétration des puissances économiques et militaires de cette nouvelle aire sont composites.   

  1. Le co-développement

En tout premier lieu, c’est bien sûr l’Afrique. L’Eurafrique étant l’arrière-cour de l’Europe, celle-ci a un intérêt évident à ce qu’il y ait un minimum de développement sur l’ensemble du continent africain, avec ses deux facettes : un marché de 800 millions de consommateurs sur un continent très pauvre.

De plus le développement de l’Afrique n’est pas exogène et dépend depuis 40 ans maintenant des Africains. Nous sommes tenus, à l’ardente obligation de prioriser concrètement la lutte contre l’appauvrissement de l’Afrique, de faire décoller l’économie de ce continent et d’apporter une aide significative à sa croissance.

La nécessité de poursuivre des relations bilatérales étroites avec les pays africains nous amènera à faire évoluer l’APD (aide publique au développement) sur des secteurs très ciblés. L’éducation, la formation des élites, la formation professionnelle et la santé, en raison des pandémies liées au sida, à la tuberculose et au paludisme, devront rester au centre de nos préoccupations.

Dans ce contexte, nous devrons alors nous interroger sur les accords de défense et d’assistance militaire contractés. Le développement des relations économiques ne devra pas devenir synonyme d’abandon.

2.2.2.   La politique d’immigration

Une véritable politique de l’immigration doit venir appuyer l’effort axé sur l’économie et porté sur le pilier Africain. 

Le constat est que nous subissons un afflux de plus en plus important de migrants en Europe en provenance de l’Europe de l’est et de l’Afrique, et notamment de l’Afrique subsaharienne ; l’espace Schengen consacré en 1985 s’avère imparfait.

Il est donc impératif de limiter, sinon de maîtriser ce flux migratoire ininterrompu qui pose aux communautés nationales des problèmes d’intégration et met à mal le vivre ensemble avec la montée en puissance des communautarismes. Les raisons étant d’une part la difficulté de fermer totalement les frontières, et d’autre part la baisse démographique enregistrée dans la majorité des pays européens.

Il en découle une obligation corrélative de chercher des réponses communes, de mettre en œuvre une politique européenne ayant pour objectif d’assurer une meilleure coordination et de parvenir à une harmonisation des mesures en matière d’immigration légale et illégale et de demandeurs d’asile.

2.2.3.   Une permanence de la croissance et de développement durable :

Il est un autre aspect dont nous devons tenir compte : à la permanence de la croissance est venu s’adosser assez récemment le développement durable. Aujourd’hui nous constatons que pour lutter contre le chômage et essayer de réduire les inégalités, il est indispensable de disposer d’une croissance forte, laquelle repose sur la productivité basée sur la recherche, l’innovation et la qualité du capital et du travail, tout le reste procédant de l’aimable bavardage. Ce constat est aggravé de par le fait que la logique écologique est incompatible avec la recherche illimitée de la croissance. De surcroît, il est impossible d’empêcher le développement des pays émergents tout en promouvant un progrès environnemental aux dépens des pays pauvres, car dans un monde frappé par la pauvreté et les inégalités, les « injustices environnementales » frappent mécaniquement plus ces derniers.

Cet état des lieux désastreux ne laisse pas d’autres alternatives que de se pencher sur de nouvelles stratégies industrielles. L’activité économique doit être réorientée vers de nouveaux secteurs. C’est ainsi qu’il faudra certainement se focaliser davantage sur les technologies à haute valeur ajoutée ou les activités de service naissantes comme notamment dans les domaines des aides aux personnes âgées générés par l’allongement de la durée de la vie et l’évolution des solidarités familiales.

Pour réaliser l’indispensable expertise industrielle et pour accompagner les évolutions souhaitées qui font suite aux découvertes technologiques il sera nécessaire de procéder  à la réforme de l’université et de la recherche. Ces réformes devront mieux articuler la recherche fondamentale et la recherche appliquée pour que les entreprises se réorientent vers des secteurs plus dynamiques. Elles devront aussi mieux préparer les futurs dirigeants à l’innovation et aux prises de risques.           

2.2.4.   La sauvegarde des ressources

Les exigences de notre monde moderne, l’augmentation de la population et les nouvelles menaces écologiques imposent de se pencher avec une attention accrue sur toutes les formes de consommation :

  • la lutte contre le gaspillage sous toutes ses formes (en particulier celui de l’eau) ;
  • une progression raisonnée des prélèvements opérés sur les ressources naturelles et concrétisée par une plus grande maîtrise de la consommation des énergies non renouvelables et en tout état de cause une consommation stabilisée pour les pays développés ;
  • la lutte contre le réchauffement climatique et l’amélioration de l’environnement.

2.2.5.   Vers une mondialisation plus juste (extraits d’un avis du conseil d’État, février 2005, présenté par Alain DELEU, ancien président de la CFTC)

Dans son rapport à l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation affirme : « des richesses sont créées mais elles ne sont d’aucun profit pour trop de pays et trop de personnes. Faute d’avoir suffisamment voix au chapitre, ils ne peuvent guère influer sur le processus. Pour la vaste majorité des femmes et des hommes, la mondialisation n’a pu répondre à deux aspirations simples et légitimes, à un travail décent et à un avenir meilleur pour leurs enfants. »

La nouvelle mondialisation, avec la démultiplication des échanges, l’émergence des géants d’Asie et la prégnance des questions environnementales, éveille la conscience d’appartenir à une communauté mondiale interdépendante, et pose en des termes nouveaux la question sociale qui est devenue mondiale : les sociétés civiles, les États et les institutions internationales doivent s’y adapter.

On le voit bien, là où les dangerosités naissent d’un sentiment d’injustice économique flagrant, il nous faut conduire des politiques de développement humain durable qui associent progrès économique et social !

Il faut donc leur opposer une guerre de justice économique, comme il faut aussi mener une guerre économique contre la délinquance financière et mafieuse issue de cette mondialisation !

En 1997 la caisse noire du crime organisé était estimée, à l’échelle mondiale, à plus de 700 milliards de dollars, soit plus de deux fois le budget de la France.

Dans le même ordre d’idées, le respect de la propriété intellectuelle est bafoué, la lutte contre la contrefaçon devient quotidienne.

Pour imposer une politique de défense de nos intérêts digne de ce nom, il est impératif, pour les états européens, d’établir un rapport de force commun et d’adopter des positions communes plus efficaces que les exhortations incantatoires au respect de principes supposés universels concernant les droits de l’homme et la législation sociale.

2.3.   Les réponses culturelles, éducatives et politiques

Il existe plusieurs types de réponses dans ce domaine :

  • des actions de sensibilisation : Livre Blanc, trinômes académiques menés par l’IHEDN, forums intelligence économique, la JAPD, les correspondants défense, comme moteur de veille et de vigilance permanente…
  • les actions de prévention : renseignement, veille technologique, surveillance de la cybercriminalité…
  • les actions de formation : pour permettre la prise de conscience des phénomènes nouveaux (comme la guerre asymétrique) et comprendre et distinguer les menaces des risques.
  • les actions structurelles : créations, restructurations d’organismes spécifiques (IHESI, IHEDN).

2.3.1.   Mieux inculquer une plus grande culture politique de l’esprit de défense en France comme en Europe

L’esprit de défense, l’effort de défense sont une affaire de culture politique, à la portée de chacun.

Développer l’esprit de défense, c’est avoir une attitude active et posséder un minimum de connaissances en la matière. On entend par « attitude active », le partage de la connaissance et de valeurs communes, l’appropriation des valeurs fondamentales du pays (république, démocratie…), le respect de institutions (politiques, juridiques, économiques, sociales, philosophiques…). Cette attitude amène naturellement à prendre conscience des menaces, des risques et des dangers qui pèsent sur ces valeurs. Le danger est le prélude au risque, lequel à son tour prélude à la menace. L’inventaire des dangers est un préalable à l’analyse et au traitement des risques, dans lequel le citoyen a toute sa place.

Se défendre est un devoir…C’est aussi le corollaire direct de la citoyenneté.

Le citoyen est membre de la Cité. Celle-cilui reconnaît la qualité de sujet. A ce titre, elle lui confère des droits et des devoirs. Cette démarche s’inscrit dans des actes volontaires, car l’esprit de défense n’est pas inné, il s’acquiert et s’entretient. C’est l’un des rôles de l’école. Ce rôle est primordial afin d’éclairer chaque génération sur les menaces, les risques et les dangers (prise de conscience), lui donner les bases de la réflexion (savoir) ainsi que les outils qui lui permettront d’agir (praxis).

L’esprit de défense constitue la base de l’édifice de l’Éducation Nationale :

  • il repose sur la conscience de l’appartenance à une communauté nationale. Concrètement cela s’appelle la connaissance de nos institutions, en d’autres termes : « l’instruction civique ;
  • il suppose l’engagement de chaque citoyen à « servir la République », de façon responsable et solidaire ;
  • il nécessite une culture de la sécurité collective, de l’engagement humanitaire, et une culture de la liberté.

La remilitarisation s’inscrit aussi dans les efforts pour redéfinir le rôle des armées et l’émergence d’une perception de la nécessité de se défendre, justifiant les dépenses à venir. Le raisonnement est le suivant :

  • incapacité à endiguer la prolifération de l’armement d’où l’accroissement du nombre de missiles,
  • recherche d’une capacité à dissuader l’autre,
  • l’absence de perception est un danger par rapport à la prolifération,
  • nécessité pour les économies de maintenir un niveau industriel fort.

La culture politique s’apprécie par rapport :

  • aux idéaux politiques développés par les dirigeants (conscience politique),
  • mais aussi par le degré de perception des citoyens de la différence entre la sécurité citoyenne à l’intérieur des frontières et la sécurité à l’extérieur (défense nationale).

La culture politique reste largement soumise au relais des medias, lesquels construisent une image renvoyée. Elle peut être l’objet d’une manipulation médiatique.

L’influence des médias entretient un sentiment d’insécurité générale, mais les menaces sont diffuses et multiformes, non intégrées comme telles par le public. L’instantanéité des événements et leur sur-médiatisation ont pour conséquence, paradoxalement, la banalisation des menaces. Il n’existe pas de prise de conscience de la réalité du danger. La population ne se sent pas concernée par la « dangerosité » du monde.

  1. Face à une dangerosité qui évolue et à une géostratégie qui manque de lisibilité, n’est-il pas nécessaire d’envahir la sphère virtuelle de l’information pour y faire de la défense ?

L’ennemi n’existe plus en tant que tel. Les repères sont flous et les états comme les organisations ont des difficultés à cibler les dangers et à les identifier. Les lignes de fractures qui traversent les états sont différentes. Or, les organisations existantes ne sont pas adaptées à cette nouvelle menace. Les représentations collectives de la remilitarisation expliquent l’existence d’un « ministère de la défense ». Mais ce schéma ne se justifie que dans un rapport du fort au faible, avec un ennemi identifié. Est-il encore adapté aux menaces actuelles, lesquelles demandent à préparer l’offensive et non à attendre l’attaque ?

Il s’avère nécessaire d’envahir la sphère virtuelle de l’information et d’y faire de la défense, au sens le plus large du terme. L’information peut être une arme au sens traditionnel du terme, c’est-à-dire prolongeant le pouvoir politique d’une organisation donnée. Mais elle peut aussi envahir l’ensemble des champs de la société et devenir de ce fait une arme encore plus dangereuse car non identifiée en tant que telle mais utilisée pour asseoir la puissance économique et socioculturelle de son émetteur.

2.3.3.   « L’intelligence économique », un exemple de culture de la stratégie

Le traitement (très récent en France) de l’intelligence économique tel qu’il est pratiqué aujourd’hui relève de ce fonctionnement, en associant les mondes civils et militaires, privés et publics, les forces armées comme de police et gendarmerie sous la houlette d’un HFD (Haut Fonctionnaire de Défense) avec une vision stratégique édictée en haut lieu (document recensant les secteurs stratégiques). « L’intelligence économique » consiste ainsi en la maîtrise et la protection de l’information stratégique pour tout acteur économique. Elle a pour triple finalité la compétitivité du tissu industriel, la sécurité de l’économie et des entreprises et le renforcement de l’influence de notre pays» (définition officielle).

Ce « combat » se décline selon trois modes d’action :

  • la veille (acquérir une information stratégique pertinente,
  • la protection (d’un patrimoine informationnel, c'est-à-dire ne pas laisser connaître ses secrets),
  • et l’influence (agir au service d’une stratégie).

2.3.4.   Une convention sur la Cybercriminalité

Face aux « cyber-menaces » et aux « cyber-attaques », il faut apporter une réponse adaptée. L’internationalisation qui résulte du caractère planétaire des communications véhiculées pardes réseaux numériques rend les règles nationales insuffisantes et la coopération internationale nécessaire pour endiguer les dérives.

La lutte contre la cybercriminalité est activée, principalement par les services de sécurité, police et de gendarmerie.

Après la conférence du G8 qui s’est tenue à PARIS en Avril 2000, le Conseil de l’Europe a établi une « convention sur la cybercriminalité ». Elle apporte aux États membres de l’Union Européenne les définitions nécessaires à la qualification pénale des infractions commises et leur permet d’organiser, par la voie du droit, la protection des citoyens et des États eux-mêmes.Cette convention a été adoptée en novembre 2001, soit moins de deux mois après le « 11 septembre 2001 !

Conclusion

La rupture entre des mondes différents montre l’incohérence qui existe entre pays industrialisés et pays pauvres, entre pays démocratiques et pays non démocratiques, entre le Nord et le Sud…

Certains souhaitent imposer leur façon de voir et leur façon de vivre. D’autres ne souhaitent pas recevoir une culture occidentale. D’autres enfin montent en puissance pour devenir des éléments incontournables de la géopolitique mondiale.

Face à ces éléments et ces hypothèses, des consensus ne peuvent pas toujours être trouvés.

Pour se défendre, les pays puissants se surarment pour défendre leur position et leur sécurité. Les pays pauvres s’arment pour défendre leur indépendance. Les conflits actuels découlent du phénomène d’interprétation asymétrique de la situation mondiale multipolaire.

La course au pouvoir amène les pays à se militariser pour défendre leur politique nationale.

La course au pouvoir touche également le monde de la criminalité qui souhaite aussi faire sa place dans la mondialisation.

La dangerosité du monde découle de la remilitarisation à outrance due aux sentiments d’insécurité soit interne soit externe. C’est cette incompréhension des nations du monde qui apporte un climat délétère. La volonté d’apaiser les tensions n’est toujours pas à l’ordre du jour et chacun campe sur ses positions.

La notion de défendre son territoire a glissé vers celle de défendre son indépendance et sa sécurité par tous les moyens et aussi d’accroître son pouvoir militaire mais surtout économique.

La confrontation est engagée malgré les alliances et la volonté de vivre dans un monde sécuritaire.

La dangerosité découle de la notion de recherche d’ennemis potentiels et du pouvoir économique absolu.

Chaque pays est engagé dans un processus de défensive, et chacun sait que la meilleure façon de se défendre est de préparer la guerre.

« Si vis pacem para bellum, si tu veux la paix, prépare la guerre » !

Pour que la Paix règne sur notre planète et que les hommes trouvent le chemin de la sérénité.

ANNEXES

ANNEXE 1

L’ONU impose aux États « à régler leurs différends internationaux par des voies pacifiques », sans « recourir à la menace ou à l’emploi de la force ». Ils donnent à l’Organisation leur assistance la plus loyalechaque foi que l’organisation a besoin d’eux.

Les membres permanents du Conseil de Sécuritésont tous des puissances militaires nucléaires internationalement reconnues :

États-Unis d'Amérique, l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la Franceet la Républiquede Chine,

Les 10 membres non permanents sont en janvier 2008

Afrique : Afrique du sud (jusqu'en 2008), Burkina Faso(jusqu'en 2009), Libye(jusqu'en 2009)

Asie : Indonésie(jusqu'en 2008), Viêt Nam(jusqu'en 2009)

Amérique latine : Costa Rica(jusqu'en 2009), Panamá(jusqu'en 2008)

Europe de l'Est : Croatie(jusqu'en 2009)

Europe occidentale : Belgiqueet Italie(jusqu'en 2008)

ANNEXE 2

Répartition des bases américaines dans le Monde

Il est à noter que la majorité des bases américaines se situent sur la route du pétrole et en bouclier du flanc sud des Etats Unis

L’évolution de l’implantation des bases US dans le monde depuis 1989 est flagrante du souci économique des américains

ANNEXE 3

Quelques chiffres 2005 au sujet de la recherche et développement militaire :

               Chercheurs R & D    USA                1 395 000

                                                  UE 27              1 241 000

                                                  Chine               1 119 000

               Dépenses R & D       USA                330 milliards $

                                                  UE                   230 milliards $

                                                  Chine               136 milliards $

                                                  Japon               130 milliards $

BIBLIOGRAGHIE

Des Riaux Eds11/2005


[1]Le limes matérialise physiquement la frontièreentre l'empireromainet le monde barbare, tel qu'il était entendu par les Romains, à savoir les peuples ne parlant ni grec, ni latin.

[2]Un établissement de crédit immobilier américain accorde un prêt à un ménage très modeste (« subprime »). La banque prêteuse se décharge d'une partie de ce risque sur d'autres. Elle transforme ses créances immobilières en obligations sur le marché boursier mondial. Ces titres à risque intéressent de grandes compagnies d'assurance ou des fonds spéculatifs. Résultat : la créance qui vient au départ des États-Unis est éparpillée en petites quantités un peu partout dans le monde. Problème : l'impact est général en cas de crise, ici par défaillance des ménages qui ne pouvaient plus rembourser, causant la perte au départ d'une centaine d'établissements prêteurs de crédit subprime.

[3]Délégation à l’information et à la communication de la défense

[4]loi de programmation militaire

[5]L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe regroupe 56 Etats situés en Europe, en Asie centrale et en Amérique.

6 Organisation de coopération de Shanghai qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, la Kirghizie, le Tadjikistanet l'Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays eurasiatiques.